On marche tous les deux. Ensemble. On arrive dans le jardin. Tout est recouvert d'un voile blanc, comme le ciel. Toute la nature est habillée de ce manteau froid. Plus rien ne tombe, c'est fini. Les pleurs du paradis s'étaient transformées en neige. C'est comme ça en hiver. Le ciel change lui aussi. Mes pieds avançent tout seuls. Il n' y a aucun bruit, aucun son, ni même quelques piaillements. Les esprits verts se sont tût. On entend juste les craquements de l'eau glacée sous mon poids. Mon arbre est devant moi, fièrement dressé, me montrant qu'il ne souffrait pas de cette fraîcheur hivernale. Il me tarde que tu grandisses, que je te vois en fleurs au printemps. Je lui tourne le dos. Lui, n'a pas bougé. Silencieusement, il s'est approché de moi. Il est là. Je vois son souffle se glacer dans l'air. Une légère brise blanche comme de la fumée. Je me retourne. Je suis face à lui. Je ne peux m'empêcher de croiser son regard. Il n' y a que le mot "Doux" qui pouvait le qualifier. Moi qui apprécie les yeux clairs, les siens étaient presque aussi foncés que ses cheveux bruns. Mais, j'étais tout de même fasciner par ce visage mystérieux. Il avait des traits fins, une peau claire qui faisait ressortir ses yeux. Il se tenait droit. Il était grand, j'atteignais à peine son cou. De légères mèches brunes retombées sur son visage qui adoucissaient son expression. Tendrement, il m'entoure de ses bras. Mes pieds ne touchent plus le sol. J'étais là, contre sa poitrine, la tête sur son épaule. Je me sentais comme une enfant que son père berce, comme une petite chose attirée par la chaleur humaine. Il fît juste deux pas en avant. J'avais l'impression que le temps s'était arrêté. Je me sentais protégée et en sécurité.
Malheureusement, la Réalité a fini par prendre le dessus et mes yeux se sont ouverts dans la noirceur de la nuit.
Léa.B